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L'étiquette prépayée : combien elle coûte quand personne ne l'utilise

Envoyer une étiquette de retour dans chaque colis paraît généreux. Selon le mode de facturation du transporteur, c'est soit gratuit, soit une ligne de coût invisible qui grossit toute l'année.

Équipe Fastoche ·

Un colis en carton portant son étiquette d'expédition à code-barres

Une pratique héritée du catalogue papier

Glisser une étiquette de retour dans chaque colis vient de la vente par correspondance, à une époque où le client n'avait aucun moyen simple d'en obtenir une. C'était alors la seule solution praticable.

Elle a survécu à son contexte. Aujourd'hui, l'étiquette peut être générée en quelques secondes depuis un portail, envoyée par courriel, ou même présentée en code-barres à un point relais. La question mérite d'être reposée, parce que la réponse a changé.

Le point qui décide : émission ou utilisation

Tout dépend d'une clause de votre contrat transporteur, et elle n'est pas toujours lue avec attention.

Certaines offres facturent à l'utilisation : l'étiquette n'est débitée que si le colis entre réellement dans le réseau. Dans ce cas, en glisser une dans chaque commande ne coûte que le papier.

D'autres facturent à l'émission : le numéro de suivi est réservé, et facturé, dès sa création. Là, chaque commande porte le coût d'un retour, y compris les quatre-vingts pour cent qui n'en feront jamais.

Entre les deux, le montant en jeu sur une année se compte facilement en dizaines de milliers d'euros pour un volume moyen. C'est la première chose à vérifier.

Les coûts moins visibles

Même facturée à l'utilisation, l'étiquette systématique a des effets secondaires.

Elle rend le retour plus facile que la question. Un client hésitant qui a l'étiquette sous la main la colle. Le même client, s'il doit passer par un formulaire, se demande d'abord si le produit lui convient vraiment — et une part non négligeable garde l'article. Ce n'est pas un obstacle artificiel : c'est simplement l'absence d'incitation.

Elle empêche de connaître le motif. Un colis qui arrive avec une étiquette prépayée arrive sans explication. Vous perdez le motif, donc la possibilité de corriger la fiche produit qui a causé le retour. C'est le coût le plus élevé de la pratique, et le plus difficile à voir.

Elle empêche d'orienter vers l'échange. Un client qui déclare son retour peut se voir proposer une autre taille, une autre couleur, un avoir bonifié. Un client qui colle une étiquette est déjà parti.

Elle fige le transporteur et le point de dépôt au moment de l'expédition, alors que le client, trois semaines plus tard, n'habite peut-être plus au même endroit et n'a pas les mêmes contraintes.

L'étiquette à la demande, sans dégrader l'expérience

L'alternative n'est pas de compliquer la vie du client. Elle consiste à déplacer la génération de l'étiquette au moment où le besoin est réel.

Le parcours tient en trois écrans : le client saisit son numéro de commande et son adresse électronique, choisit l'article et le motif, reçoit son étiquette immédiatement. Cela prend moins d'une minute et ne demande aucune création de compte.

À ce prix, vous obtenez le motif, l'occasion de proposer un échange, le choix du transporteur au bon moment, et vous ne payez que les étiquettes réellement utilisées.

Les cas où l'étiquette systématique reste la bonne réponse

Elle n'est pas toujours à supprimer.

Sur un produit à très forte probabilité de retour — l'essayage de lunettes, la commande de plusieurs tailles assumée — elle correspond à un usage réel. Sur une clientèle peu à l'aise avec le numérique, elle évite un abandon. En vente entre professionnels, avec des volumes et des procédures établies, elle simplifie.

La question n'est donc pas « faut-il la supprimer » mais « la payons-nous à l'émission, et si oui, pour quelle proportion d'utilisation réelle ». Deux chiffres, une clause de contrat, et la réponse se voit.

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